La facilité serait bien sûr d’utiliser des perles avec des grands trous sur des fils fins ! Mais malheureusement, le résultat final sera probablement décevant. Les perles vont partir dans tous les sens, le bijou n’aura pas de tenue.
Il est donc essentiel de prendre en compte les critères diamètre du trou des perles et diamètre du fil** dès la conception du bijoux.
Une autre difficulté peut venir du manque de rigidité du fil ou qu’il s’ébouriffe rapidement.
Les astuces ci-dessous ne feront pas de miracle et ne vous permettront pas de faire passer un fil de 3mm dans un trou de 1mm, mais on a toujours cette petite perle qui serait parfaite sur notre création et il manque vraiment pas grand-chose pour que le fil passe...
Parfois, le passage du fil dans la perle est entravé par quelques irrégularités sur le pourtour du trou ou à l’intérieur même.
Par exemple, sur une perle en verre lampwork (verre au chalumeau), une partie de la poudre utilisée pour que le verre en fusion ne colle pas au mandrin (la tige qui sert de support) peut être encore présente. Passer un poinçon, une aiguille ou encore un simple cure-dent pour l’éliminer facilitera le passage du fil.
Sur une perle en bois, il est parfois nécessaire d’ébarber le tour du trou, ou d’enlever un surplus de peinture sur les perles en verre peint.
Avec certains matériaux, on peut utiliser un outil conique, parfois aussi abrasif, pour évaser le trou.
Et aux grands maux, les grands remèdes : repercer la perle ! Assez facile si on a quelques outils sur des matériaux tendres comme la pâte polymère ou certains bois, demande des outils plus spécialisés pour la pierre, pratiquement impossible sur le verre. Tout cela bien sûr avec précaution, pour éviter les blessures et la casse.
Les 2 techniques qui suivent partent du principe que les fils sont un peu bouffants et peuvent s’écraser ou diminuer de diamètre, pour gagner ce petit quelque chose qui manque. Ou tout simplement pour les rigidifier s’ils sont trop souples ou empêcher qu’ils s’ébouriffent, s’effilochent ou se détressent.
Cette technique concerne les fils qui fondent à la flamme comme le polyester ciré, le tressé, les queues de souris (pour les queues de rat plus épaisses, d’autres méthodes peuvent être plus adaptées).
Si cette particularité est utilisée pour terminer les fils et fixer les nœuds, mais elle peut aussi servir à l’enfilage des perles.
Pour passer ces fils dans les perles, on va utiliser cette propriété des cordons synthétique à fondre avec la chaleur pour venir créer une aiguille à l’extrémité du fil.
On fait fondre l’extrémité du fil sur au moins un centimètre. On coupe alors cette partie rigidifiée en biseau ou on la modèle lorque le fil est encore malléable pour créer une pointe. En faisant fondre le fil sur quelques centimètres, on obtient une sorte d’aiguille.
Ce bout de fil fondu a en général un diamètre légèrement plus petit que le fil lui-même et sa rigidité permet de mieux le passer dans la perle.
Si cela ne suffit pas, que le fil coince toujours un peu et qu’on n’arrive pas à le tirer, on peut utiliser une pince pour avoir plus de force.
Cette technique nécessite un petit peu plus de pratique que le simple brûlage des extrémités pour terminer un fil. N’hésitez pas à vous entraîner sur des bouts de fils. Il faut « sentir » le moment où le fil a commencé à fondre. Trop tôt et le fil n’aura pas assez fondu, trop tard et le fil sera coupé ou cassant. Il faut aussi si on veut une certaine longueur et obtenir une aiguille, venir remodeler avec le pouce et l’index rapidement la partie qu’on a chauffée car elle a tendance à se courber. N’hésitez pas à vous placer au dessus d’un évier (pour mouiller vos doigts avant la manip pour éviter les brûlures ou que si un bout de fil tombe car vous avez trop chauffé, il ne risque pas de marquer votre table).
On étale de la colle sur quelques centimètres à l’extrémité du fil qu’on veut transformer en aiguille. On modèle un peu avec les doigts ou on utilise un petit pinceau pour que cela pénètre bien si le fil est épais, qu’il soit droit et si nécessaire plus fin que le reste du fil. Une fois que le résultat est sec, on vient couper l’extrémité en biseau pour faire une pointe.
La colle blanche marche en général très bien et ne présente pas de risque en la manipulant mais elle est un peu plus longue à sécher que d’autres.
Cette technique demande de penser à préparer un peu à l’avance ses fils.
En dépannage, le vernis ou la colle à ongle marche aussi...
Si vous avec déjà vu le bout de lacets de chaussure, vous devinez la technique. On vient juste enrouler un petit bout de ruban adhésif (ou du masking tape) sur l’extrémité du fil en l’écrasant autant que possible pour gagner en diamètre.
Une variante est de rouler le ruban adhésif en biais. On gagne en longueur, sans multiplier les couches et donc l’épaisseur, pour avoir une « aiguille ». Enfin, on peut aussi continuer à enrouler au-delà de l’extrémité du fil, pour obtenir une sorte de tube vide que peut venir écraser et tailler en pointe.
Le classique pour les fils souples et fins. Par principe, il faut que l’aiguille passe dans le trou, ainsi que le fil plié en deux (et le fil dans le chas de l’aiguille bien sûr).
L’aiguille permet de passer des fils très souples dans les perles, et grâce à sa longueur, d’en enfiler plusieurs à la fois. Par exemple pour le tissage de perles sur métier à tisser, ou coudre des perles sur un tissu.
Les aiguilles à perler sont plus fines que les aiguilles de couture traditionnelles. Elles peuvent être rigides ou souples, plus ou moins longues, voire courbées, pour s’adapter au mieux aux besoins.
Afin de gagner encore en diamètre, ils existe aussi des aiguilles à long chas central. Elles facilitent l’enfilage du fil dans l’aiguille, sont souples et faciles à manipuler.
si vous n’avez pas d’aiguille sous la main et un besoin ponctuel d’une aiguille à perler fine, vous pouvez en créer une facilement avec un bout de fil métallique fin. Vous le pliez en deux, pas tout à fait au milieu, si possible autour de quelque chose de rond (une aiguille a tricoter, un crayon). Vous torsadez les 2 extrémités. Vous n’avez plus qu’à passer le fil dans la boucle et écraser la boucle.
L’aiguille de la photo a été bricolée avec une attache qu’on trouve avec les sacs de congélation. Il suffit de retirer le plastique autour pour récupérer un fil fin et qui se torsade bien puisque c’est son rôle !
L’inverse de l’aiguille. On va passer quelque chose dans le trou de l’aiguille pour venir chercher le fil et le tirer à travers la perle. Cela peut être, selon le diamètre de la perle et celui du fil, un crochet ou en dépannage, un enfile-aiguille de couture. Ou encore un autre fil plus rigide ou fin, qui va passer sans souci dans la perle plié en deux, de façon a obtenir une boucle, dans laquelle on viendra passer le fil final. Cette technique dans laquelle on vient tirer le fil permet d’avoir plus de force.
Cette technique fonctionne bien avec les fils assez bouffants et souples comme la laine ou le fil à crocheter.
* oui, tout créateur de bijoux à base de perles a eu à subir des petites piques autour de l’expression « enfiler des perles », qui désigne dans le langage populaire une activité oiseuse, inutile, voire répétitive…
Rappelez-vous que créer des bijoux et des parures de perles, qu’elles soient en pierre, en bois, en os ou en coquillage est une des activités artistiques les plus anciennes et universelles au monde. D’où le titre de cette page.
** Si la mesure du diamètre de fil solide comme le fil câble gainé ne pose pas de problème, celui de fils qui s’écrasent plus ou moins comme la queue de rat est plus compliqué. Le résultat qu’on mesure au pied à coulisse en écrasant le fil sera inférieur à celui qu’on obtiendra en écrasant le fil sur une règle et aucun des 2 ne représente vraiment la mesure intéressante en perlerie. Donc, sur FondBaie, le diamètre de fil indiqué est celui dans lequel le fil peut passer sans trop forcer, généralement pris au pied à coulisse sans écraser (ou au micromètre pour les plus fins).